Fushimi-Inari / promenade chez les renards

 

 

1.

 

Le premier portique enjambe la rue à cent mètres de la gare et jusqu’à l’esplanade elle est bordée de boutiques et d’étalages : marchands de pou­pées, de couteaux, de jouets, de brochettes de pieuvres grillées imbibées de sauce entassées en pyramides sur des plateaux ronds, de raviolis trian­gulaires fourrés de pâte de haricots confits embriqués dans des boîtes et des vitrines sous les lampes de papier.

Après le second portique, en ciment nu, un renfoncement pour garer les vélos précède deux lanternes de pierre face à un panneau de circulation entièrement rouillé que le vent agite, comme il froisse les sacs de plastique bleu remplis de détritus appuyés contre le pilier droit. Plus loin un artiste à cravate expose des dragons près d’une tente où se vendent des serpents jaunes roulés dans des poches transparentes fermées par élastique et des sachets de poudre grise tassés au pied d’une moulinette, illustrés d’une photo sans contraste représentant une gueule de vipère prête à mordre. Un troisième portique, enduit et peint, cache ses craquelures sous des retouches plus foncées. Il marque l’entrée du sanctuaire…