148 pages

   format  14, 8 x 21 

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Ermas Frachivo dépossédé cherche la vie, ne trouve que du baratin et des manies, où était-elle donc passée?

Il reste sept lettres pour ne jamais renaître.

Boute-en-train, dites-moi que le Paradis n'existe pas, que la ligne a été supprimée, ça serait des feuilletons à n'en plus finir.













































































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Bruno L'EPLATTENIER "Deshertement" chapitre a-
 
  Gai pâturage
    Mon compte s'épuisait, je ne savais plus où aller en attendant que le bâtiment se vende, songeais à me rendre utile à cet américain infirme qui partageait sa vie entre Berkeley sa sœur lesbienne entourée de chiens, et une masure perdue sur un plateau du…
                                                                                                                                                          


 
  Manège à Tours

    Sinistre la signature dans une soupente de l'agence, Tailland, gros, sale, l'œil glauque et larmoyant, les bajoues et le nez râpés par la bouteille, sa femme, grasse matrone, sa sœur, barbue, édentée, païenne de crasse, enveloppée de son lit. Sa fille grassouillette faisait office de clerc, de la génération de la douche elle travaillait chez un notaire au nord du département.     La lionne de l'indivision était une cousine, une dame en retraite accompagnée de son mari fluet sérieux vaguement triste, l'air de quelqu'un qu'on n'écoute pas. Pour l'agence une négresse godine au cul rembourré. A un moment en arrivant ou en partant, peut-être une autre fois je crois qu'on était seuls, contaminé par le western de la veille j'ai siffloté Dixie, elle a sursauté et moi aussi. Quel con.

                   
Bruno L'EPLATTENIER "Deshertement"
   
    Dans les forêts d'Oseille
       
Souvent j'arpentais les collines plantées de sapins, au sud pour contourner le village,
   cherchant une vaine clairière, un dégarni, une salle d'attente.
        Je caressais en passant le tronc éléphantin de hêtres miraculés au bord du chemin, le reste
   n'étant qu'alignement d'arêtes et queues de chien vertes à l'infini.
        J'aimais cependant le mollo des tapis d'aiguilles, les baies bleues et quelques endroits de
   noirceur prononcée où les oiseaux se taisent.
        Ils se taisaient dans un virage inondé qui noircit la terre de ses rides. Ils suspendent leur
   souffle devant la malignité de sa courbe entretenue par l'eau qui ruisselle du talus.
 

Bruno L'EPLATTENIER "Deshertement"
 
   Livermore et Encollage
    Après plusieurs reports je me préparais à glisser vendredi vers la garrigue quand la veille le maître de chai scrutant le ciel des raisins repousse d'une autre semaine l'amorce de la détente. Les cadres étaient montés, les relais étaient prévenus, les factures acquittées, le rideau tiré sur les cônes, la répétition excédait le ressort

    Il est décidé d'affronter la mer de l'hospitalité et ses tempêtes après la Sibérie des écrans. Les ajustements sont faits d'une voix qui pense aux écueils, créant ses propres remous, le transbordement des bagages attend la fraîcheur de l'aube et le départ le signe de l'infini bipède, laissant au fil des kilomètres, crever quelques bulles de détails oubliés

Bruno L'EPLATTENIER "Deshertement"
   
    Danger, acculé Rof
    La route montait en lacets vers le haut du village à travers la végétation luxuriante, agaves, banquis, gonzalias, gérontos, palmiers aux troncs rugueux et velus, lianes bormanes, rmiphobs, callimestri et rince-bouteilles jusqu'à la terrasse panoramique où à l'ombre d'un cajeput précocement fleuri on admire, retenant la mer dans les fréquences élevées, une côte brisée à l'infini, pliée et repliée comme l'élève du rabbin à Brive…


   
    Tourne court
    A Oseille on continuait d'attendre sautant sur chaque distraction, comme un parachutiste qui finit par sauter du balcon je me présentai à la fac à Vulcanoutchouc pour un casting étudiant. J'avais traîné en ville hésité à tourner dans la nuit de février, un homme de hall me renseigna, je pris l'ascenseur en même temps qu'une femme élégante à talons-aiguilles l'œil en biais accompagnant une fillette chaperon rouge dodu vers son premier grand rôle, encore assez vivante pour parler au premier loulou


   
    Lunule scories de scène
    J'avais déménagé d'Oseille en douce, enfin sans préavis. Sans précipitation, avec une certaine solennité au contraire attendu dans la cabine devant le spectacle de pluie la cloche de 13h, l'éclat unique de la délivrance, l'amen du frère aîné de tonnerre.
    Le rougeaud qui venait de temps en temps baiser la voisine me vit cahoter de marche en marche la très lourde machine à laver, personne n'accourut pour m'aider ni me barrer la route. J'abandonnais la malle rouillée dans mainte cave, enfoncée ici par un madrier, j'emportai une dernière fois le miroir ruine d'Egypte.
    Vieux volcans, bal et guillotine, tampons de l'auberge rouge, ultimes valses, je gagnai Lunule sur un autre bouton au bord d'une vaste plaine près des côneaux des premiers plis secs.


   
    L'île Ofcourse
    C'était sur un bateau il y avait Iago le photographe et sa mère Barbara, les premiers jours je sifflais Ma mère avait une pauvre servante, au départ l'après-midi il y avait plein de vagues beaucoup de sens, il y avait aussi le docteur Melanin grand et brun mammifère velu, le skipper et sa femme, et moi trop à l'aise dans la grisaille souffrante en attente d'un lever de soleil inconnu, le skipper et sa femme Machine, balade en mer, Barbara la reine des abeilles abdominales, c'était pour aller d'un endroit certain à un autre encore imprécis en plusieurs étapes et retour en voilier, chaque suicide est une victoire de la civilisation, exploiter, avaler, dévorer, bousculer, camper, s'acquitter, un voyage vers l'île Ofcourse, connais ton bateau et tu connaîtras le monde
palya, finished